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Les Guadeloupéens honorent Louis Delgres, "homme rebelle" 

1ère Partie

Mémorial Delgrès

Mémorial en hommage à Louis Delgrès, symbole de la résistance à l'Esclavage.(De ti.racoon.)

« Fè mémwa maché, fè konsyans vansé pou nouri lèspri » (faire marcher la mémoire, faire avancer la conscience pour nourrir l’esprit).

Le 28 mai dernier les Guadeloupéens ont tenu à célébrer le sacrifice de Louis Delgrès. Né libre, il a combattu pour les valeurs de 1789, connu la première abolition de 1794, et a retourné ses armes contre la France. Louis Delgrès authentique héros de la liberté, qui, plutôt que de rendre les armes alors qu’il s’oppose aux soldats de Richepanse venu rétablir l’esclavage, a préféré se faire sauter avec plusieurs centaines de ses soldats, à Matouba, le 28 mai 1802. Il illustre le slogan révolutionnaire "vivre libre ou mourir". Richepanse étant nommé par Bonaparte en 1801 chef de l'expédition de la Guadeloupe embarqua avec l'ordre secret d'y rétablir l'esclavage, aboli en 1794. Après y être parvenu, aux prix d'une répression énergique, Richepanse mourut à l'âge de 32 ans atteint par la fièvre jaune.

 

Antoine Richepanse

Antoine Richepanse

Louis Delgrès

La biographie:

 Né le 2 août 1766, à Saint-Pierre (Martinique) et décédé le 28 mai 1802, Grand Parc - Saint-Claude (Guadeloupe), Louis Delgrès avait, selon les recherches historiques, une mère mulâtresse, un père fonctionnaire du roi à Tobago. Entré dans la carrière militaire, il s’y illustre dans les combats aux Antilles. Nommé colonel en 1802, il est chargé de protéger la Guadeloupe française contre les incursions et convoitises des autres puissances européennes. La même année, Napoléon Bonaparte décide de mâter la révolte de Saint-Domingue et de rétablir l’esclavage. Tandis que Leclerc emmène ses troupes sur la grande île, où il trouvera la mort et la défaite, le général Richepance débarque en Guadeloupe le 6 mai. Delgrès et son ami Joseph Ignace désertent et organisent la résistance avec un groupe de 200 hommes : Palerme, Massoteau, Codou et Jacquet, une foule de civils, dont des femmes. Le 10 mai, Louis Delgrès publie une Déclaration, dans laquelle il annonce qu’il ne sera pas question de reddition face à la tyrannie. Les combats s’engagent le même jour : 600 soldats de Richepance sont repoussés par les hommes de Louis Delgrès au morne Soldat, à Trois-Rivières. Deux jours plus tard, des guadeloupéennes infligent de lourdes pertes aux soldats français. Le 14 mai 1802, Richepance débute le siège du Fort Saint-Charles où Delgrès s’est retranché avec ses hommes. Après 10 jours de combats acharnés, Delgrès, Ignace et les autres officiers rebelles, à cours de munitions, quittent le fort avec le reste de leur troupe par la poterne du Gallion. Ils se regroupent alors en plusieurs bataillons distincts. Ignace se déplace avec ses troupes près de Pointe-à-Pitre. Delgrès se retranche sur les hauteurs de la Basse-Terre, au Matouba, avec 300 combattants, en attendant l’arrivée des renforts d’Ignace. Ignace est tué au morne Baimbridge avec 675 de ses compagnons et ses deux fils. Les survivants seront amenés à Fouillole pour y être fusillés. Louis Delgrès réfugié avec les 300 hommes qui lui restent sur les hauteurs du Matouba fait face à 1800 soldats de Richepance qui l’attaquent. Les Guadeloupéens résisteront malgré tout et parviendront, encore, à se déplacer jusqu’à l’Habitation Danglemont, à quelques kilomètres de là. Plutôt que de se rendre, Delgrès et ses compagnons se font sauter avec des barils de poudre. Le 16 juin 1802, Richepance publie un arrêté rétablissant l’esclavage en Guadeloupe. On peut y lire : "Jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté dans l’étendue de cette colonie et dépendances que par les blancs. Aucun autre individu ne pourra prendre ce titre ni exercer les fonctions qui y sont attachées".

Les hommages à Louis Delgrès

*Son nom s’affiche sur de nombreux bâtiments publics : collèges, lycées, centre administratif... en Guadeloupe et Martinique ; 
*Une statue à son effigie, située sur le boulevard des héros dans la commune des Abîmes en Guadeloupe ; 
*Erigée en 1948, lors du centenaire de l’Abolition de l’esclavage, une stèle commémore le sacrifice de Louis Delgrès, au lieu dit du Grand Parc, au Matouba. 
*Une plaque commémore son souvenir au Panthéon, à Paris. 
*Un mémorial qui lui est dédié depuis 2002 à Basse Terre au Fort Saint-Charles, rebaptisé pour l’occasion Louis Delgrès. 2002 marquait le bicentenaire des événements de 1802. 

Timbre de Louis Delgrès

*Un timbre fut également créé à son effigie en 2005. 
*Le ministère français de l’Outre-mer lui a consacré le 10 mai 2005, peu après la proposition du comité pour la mémoire de l’esclavage de retenir cette date du 10 mai pour commémorer la traite, l’esclavage et leurs abolitions, une plaque apposée à l’intérieur de ses locaux dans un salon qui porte aujourd’hui son nom, 27 rue Oudinot. 
*La commune de Bègles, le 10 mai 2006, a baptisé une place du nom de Louis Delgrès. 
*L’association Mémoire de l’outre-mer de Nantes a baptisé du nom de Louis Delgrès son centre culturel situé rue de la Fosse, où prendra place en 2009 le mémorial de la ville sur la traite et de l’esclavage.

 

Pour en savoir plus

*Le Fort Louis Delgrès http://www.cg971.fr/musees/delgres/index_delgres.htm

*les célébrations de 2002 http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations2002/manifdelgres.htm

*le discours de Mme Girardin, ministre de l’outre-mer, le 10 mai 2005 lors de l’inauguration du salon Delgrès : voir rubrique "Discours".

*Biographie sur le site de l’académie de Guadeloupe http://www.acguadeloupe.fr/Cati971/snd_degre/droit_homme/presentation/droits/delgres.html

Des livres, des oeuvres 
*2002, Tragédie musicale Résistance-Reconstruction, pièce de Kannida et Mario Coco. Pièce de théâtre intitulée Delgrès écrite par Aline Kancel. 
*Édition par le Conseil général de la Guadeloupe (AD de la Guadeloupe) et la Société d’histoire de la Guadeloupe d’un recueil de textes commentés par Jacques-Adélaïde Merlande, René Bélénus et Frédéric Régent : La rébellion de la Guadeloupe 1801-1802, édition et mise en forme : Hélène Servant. Éd. Gourbeyre, 2002.

 

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Les Guadeloupéens honorent Louis Delgres, 2ème partie

 

Mémorial Delgrès

« Fè mémwa maché, fè konsyans vansé pou nouri lèspri » (faire marcher la mémoire, faire avancer la conscience pour nourrir l’esprit).

 

FORT-LOUIS-DELGRES.jpg

 

A L’UNIVERS ENTIER LE DERNIER CRI DE L’INNOCENCE ET DU DESESPOIR.“C’est dans les plus beaux jours d’un siècle à jamais célèbre par le triomphe des lumières et de la philosophie, qu’une classe d’infortunés qu’on veut anéantir se voit obligée d’élever sa voix vers la postérité pour lui faire connaître, lorsqu’elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.

Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le Gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèle. La patrie, se voit enveloppée dans une proscription méditée par l’auteur de tous ses maux. Le général Richepance, dont nous ne connaissons pas l’étendue des pouvoirs, puisqu’il ne s’annonce que comme général d’armée, ne nous a encore fait ~ connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu’il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s’écarter des termes dont il se sert. A ce style, nous avons reconnu l’influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle . . .

Oui, nous aimons croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également les poignards et la calomnie. Quels sont les coups d’autorité dont on nous menace ? Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, dont nous aimions calculer le moment de l’arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemis de la République ? Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d’autorité déjà frappés au Port-de-la-Liberté, le système d’une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce sont surpassées aujourd’hui. Nos anciens tyrans permettaient a un maître d’affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de, l’autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d’hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l’esclavage. Et vous, Premier Consul de la République, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d’où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer !

Ah ! Sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence ; mais il ne sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu’ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine. Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l’épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, â moins qu’on ne veuille vous faire un crime de n’avoir pas dirigé vos armes contre nous, ~ vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation.

La résistance â l’oppression est un droit naturel. La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l’humanité : nous ne la souillerons pas par l’ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part. Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d’employer tous nos moyens à les faire respecter par tous. Et toi, postérité ! Accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.”

Le commandant de la Basse-Terre,

Louis DELGRES.

 

Le Fort Louis Delgrès

Image: harry.mongongnon

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mémorial dédié à Louis DELGRES

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