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FEVRIER 1974 - FEVRIER 2009
VISIBLEMENT RIEN N'A CHANGE

 

 

Je fais en fait référence à des événements qui ont eu lieu dans la ville du Lorrain au nord de la Martinique le 14 février 1974 et plus connus sous le nom de "Affaire Chalvet".
En février 74 les ouvriers agricoles des bananeraies se mirent en grève pour revendiquer une augmentation de salaire journalier de 36,46 francs que leur refusait leur direction. Le 14 février, ils marchaient de plantations en plantations pour mobiliser le plus grand nombre de manifestants.
Les gendarmes s'interposèrent sur un pont à Fond Brûlé, que devait traverser le cortège des grévistes. 
Ils leur intimèrent l'ordre de rebrousser chemin, une manifestante, Raymonde Cabrimol répliqua :"Nous sommes en pays de Liberté, Egalité, Fraternité, nous avons le droit de passer sur ce pont et nous passerons !" Elle s'engagea, les gendarmes s'écartèrent, les autres lui emboîtèrent le pas.
Plus loin les forces de l'ordre, 14 cars de gendarmes et un hélicoptère attendaient les manifestants. Il était trop tard pour rebrousser chemin. L'affrontement devint inévitable, les gendarmes ouvrirent alors le feu , certains sautèrent dans la rivière, d autres rampèrent dans les champs d'ananas, mais au final un homme de 55 ans , Ilmany Sérier, dit Rénor, père de 22 enfants, resta à terre.... 
Au cours des obsèques d' Ilmany, deux jours plus tard, les ouvrier apprirent qu'un autre des leurs appelé Georges Placide Marie Louise, 19 ans avait été retrouvé sur la grève de Chalvet battu à mort, le corps déformé et boursouflé.... 
Quelques temps plus tard la direction proposa une augmentation de 36,50 francs, les ouvriers refusèrent, ils avaient réclamé 36,46 francs, rien de plus, et estimaient que 4 centimes ne valaient pas la vie de deux hommes
Cette affaire à profondément choqué la population martiniquaise qui organisa de grandes manifestation pour faire part de son indignation, ces événements sont restés dans les mémoires comme symboliques de la mobilisation populaire face à une répression de type colonial.
Le chanteur martiniquais Kolo Barst à dédié un de ses morceaux : "Février 74" à cette affaire.(De http://flickr.com/).
Kolo Barst
 
Quelques explications en video: 
Chant + Interview

KOLO BARST "FEVRIER 74" (+ historique) J... par sithal


LE DERNIER HOMMAGE POUR AIME CESAIRE

LE DERNIER HOMMAGE

Vous avez été nombreux pour lui rendre un dernier hommage. Fleurs en main, le menton relevé avec dignité et sérénité, votre attende fut longue. Près de deux heures pour pouvoir s'arrêter quelques secondes devant le cercueil afin de saluer ce grand homme, ce poète , « le Papa Césaire ».

«C'était le meilleur des fils de la Martinique», a lancé un des plus proches compagnons de Césaire, Pierre Aliker, 101 ans. Très ému, il a raconté en introduction de la cérémonie le combat du poète contre la colonisation, le racisme et son parcours politique.

Emporté par l'émotion, Pierre ALIKER a du mal à poursuivre son discours. Il retrace le parcours d'Aimé Césaire. Une voix claire résonne dans le monde, scellant le pacte d'amitié entre les deux amis.

"Il ne faut jamais permettre que l'intérêt général soit noyé dans les eaux glaçées des intérets privés". Pierre ALIKER cite Karl MARX et a toute sa tête et le dit devant Nicolas Sarkozy... quel courage. Il cite F. MITTERRAND qu'il remercie pour son aide. A noté : il a quitté son texte (qu'il avait du mal à lire) et improvise un discours POLITIQUE car Césaire était un POLITIQUE et poète et pas un POETE politique. La foule approuve bruyamment. Sarkozy accuse le coup, il est obligé de rester assis, et en plein décalage horaire ! L'ambiance monte.

 

Pierre Aliker, très ému, qui fut pendant plus de 50 ans le premier adjoint d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, a délaissé le discours écrit et finalement opté pour l'improvisation. Il a rappelé les objectifs du Parti progressiste martiniquais, fondé par Aimé Césaire. ''Notre objectif est d'obtenir un pouvoir local fort'', a-t-il souligné. ''Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais (...) Avec une fidélité à toute épreuve, vous pourrez compter sur nous'', a-t-il lancé en conclusion à la foule. La partie solennelle de la cérémonie a été ensuite suivie par la lecture d'extraits de textes du poète et d'interprétations musicales.
Pierre Aliker, très ému, qui fut pendant plus de 50 ans le premier adjoint d'Aimé Césaire à la mairie de Fort-de-France, a délaissé le discours écrit et finalement opté pour l'improvisation. Il a rappelé les objectifs du Parti progressiste martiniquais, fondé par Aimé Césaire. "Notre objectif est d'obtenir un pouvoir local fort", a-t-il souligné. "Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais (...) Avec une fidélité à toute épreuve, vous pourrez compter sur nous", a-t-il lancé en conclusion à la foule. La partie solennelle de la cérémonie a été ensuite suivie par la lecture d'extraits de textes du poète et d'interprétations musicales.
Commentaire de: AKKMMZT - EXCELLENT!!!!!!!  C'est superbe!!! quel camouflet! quel grand homme imprévisible!!!
Tout le monde pensait que le docteur Aliker commençait à déraisonner ou à fléchir sous le poids de l'émotion... la foule d'ailleurs l'a gratifié de quelques applaudissements condescendants pour combler les silences... mais le vieux monsieur avant tout simplement du mal à relire ses notes manuscrites..excusez du peu..à 101 ans...et comme malgré les hésitations on sentait que l'hommage à Césaire prenait une tournure politique, on lui a retiré ses notes..et on a libéré du même coup sa parole!!!! et là sans lire de notes, le débit s'est fait plus léger et le discours plus engagé encore!!! et le petit président qui devait se sentir rassuré lorsqu'on lui a dit que seul un vieillard de 101 ans devait prendre la parole..a du entendre le rappel de vérités historiques et politiques!!!L'ostra
cisme de la droite, le renouveau apporté par Mitterand,la revendication à l'autonomie dans la République... même un Marie-jeanne n'aurait pas osé!! Beaucoup riaient sous cape, même Alliot Marie... mais le petit président s'est retrouvé tout bête devant le vieillard loin d'être sénile!! Merci Monsieur Aliker ! Quel spectacle! et encore pardon d'avoir un instant cru à votre affaiblissement! ceux qui cherchaient l'incident politique dans le regard noir de Ségolène Royal à Sarkozy se sont trompés.. c'est un vieux Monsieur qui a donné la leçon aujourd'hui!!!
 
Une plaque de céramique portant le nom d' «Aimé Césaire (1913-2008)» et les mots «Liberté, identité, responsabilité, fraternité», a été posée sur le fauteuil destiné au président de la République qui assistait à la cérémonie. Après le discours de Pierre Aliker la minute de silence a été présidée par Nicolas Sarkozy de la république

 

 

Le président de la république se recueille devant la dépouille du poète.
Le président de la république se recueille devant la dépouille du poète pour la minute de silence.
 
La famille du défunt a cependant refusé que Nicolas Sarkozy prononce un discours afin d'éviter toute récupération politique. Le chef de l'état s'est donc seulement exprimé à sa sortie de l'avion. «Tous les Français se sentent aujourd'hui Martiniquais dans leur coeur», a-t-il déclaré. «Je suis venu dire à la Martinique que la France entière partage sa douleur, que c'est la Nation toute entière qui est en deuil».
 
Le chef de l'Etat a eu des relations difficiles avec l'ancien député-maire de Fort-de-France. Celui-ci avait refusé de le recevoir en 2005 en raison de la loi sur «le rôle positif de la présence française outre-mer», avant de le rencontrer l'année suivante
La famille du défunt a souhaité que Nicolas Sarkozy ne prononce pas de discours lors des obsèques.
La famille du défunt a souhaité que Nicolas Sarkozy ne prononce pas de discours lors des obsèques
Les artistes citent Césaire, souvent sans texte, par coeur. La foule est muette. Les ministres découvrent le génie nègre... ces fils d'Afrique, enfants cousins de ces Hommes qui "ne se projettent pas vers l'avenir" (Sarkozy Discours de Dakar).
 
Remarquable interprétation. Les textes du poète-homme politique ont été magnifiés.Le lambi du Nègre marron salue le Nègre fondamental et fait trembler les murs. Le cercueil est refermé et s'éloigne sous les applaudissements de la foule touchée et a été transporté vers le cimetière la Joyau où le poète a été inhumé. Pendant près d'un quart d'heure, le public a applaudi le départ du cercueil, aux cris de «Bélia pou Césè» . Des milliers de personnes ont accompagné le poète jusqu'à sa dernière demeure. Sur sa tombe, des mots choisis par le poète lui-même, tirés de son «Calendrier lagunaire»: «La pression atmosphérique ou plutôt l'historique/Agrandit démesurément mes maux/Même si elle rend somptueux certains de mes mots».

 

Le cercueil a été porté, à la fin de la céromonie, par six hommes sous les applaudissements de la foule et déposé dans le corbillard, qui a pris la direction du cimetière la Joyau. De longues minutes après le départ du cercueil, l'ovation du stade, debout et chantant, se poursuivait encore.
Le cercueil a été porté, à la fin de la céromonie, par six hommes sous les applaudissements de la foule et déposé dans le corbillard, qui a pris la direction du cimetière la Joyaux. De longues minutes après le départ du cercueil, l'ovation du stade, debout et chantant, se poursuivait encore.

 

 

Sur sa tombe, des mots choisis par Aimé Césaire lui-même, tirés de son ''Calendrier lagunaire'':''La pression atmosphérique ou plutôt l'historique''Agrandit démesurément mes maux''Même si elle rend somptueux certains de mes mots''.
Sur sa tombe, des mots choisis par Aimé Césaire lui-même, tirés de son "Calendrier lagunaire": "La pression atmosphérique ou plutôt l'historique "Agrandit démesurément mes maux "Même si elle rend somptueux certains de mes mots".

 

 

Accompagné par une foule fervente jusqu'au cimetière de la Joyaux, près de Fort-de-France, le ''nègre fondamental'' a été inhumé à la tombée de la nuit. En raison de l'affluence, le cortège funèbre a eu beaucoup de difficultés à rejoindre la Joyaux.
Accompagné par une foule fervente jusqu'au cimetière de la Joyaux, près de Fort-de-France, le "nègre fondamental" a été inhumé à la tombée de la nuit. En raison de l'affluence, le cortège funèbre a eu beaucoup de difficultés à rejoindre la Joyaux

 

 

La tombe d'Aimé Césaire


Trois jours d'hommage à notre poète disparu, avant les obsèques nationales dimanche. Plusieurs élus, dont Ségolène Royal, demande son entrée au Panthéon. La ministre de la Culture, Christine Albanel, y est «favorable».

 

AIMÉ CÉSAIRE: NON AU PANTHÉON!!!

Aimé Césaire ne doit pas prendre place aux côtés de Voltaire, de Victor Hugo..., car cet homme n'a  jamais été reconnu comme il le devrait en France. Et ce n'est pas apres sa mort qu'il faut soit disant lui faire des éloges , alors que pendant toute sa vie la moquerie de la France Faisait rage. On a pas besoin d'hypocrisie...A savoir ce qu'est le Panthéon:

Le Panthéon est un monument de style néo-classique  ce monument a maintenant vocation à honorer des personnages et rappeler des événements ayant marqué l'histoire de France.
Ses différentes destinations successives, sa décoration, les inscriptions et les symboles qui y figurent, permettent de parcourir la construction — lente et contrastée — de la nation française. Par extension, on appelle Panthéon un monument où sont déposés les corps des hommes illustres d'une nation.

Selon les Francais les noirs ne font pas parti de leurs histoires puisque depuis la nuit des temps à nos jours, nous sommes considérés comme des animaux et j'en passe....

Donc chers Frères et soeurs  veuiller vous mobiliser afin d'empêcher ce sacrilège et souvenez vous de cette phrase d'Aimé Césaire:

"Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes ."

Pensez vous vraiment qu'un homme disant ces  phrases ait envie de rentrer au panthéon

Enfin une bonne réaction de Patrick Lozes!!!

Que représentait, pour vous, Aimé Césaire?
Patrick Lozès
 : Si je devais définir brièvement Aimé Césaire, je choisirais trois mots : nègre, universel et révolté. Nègre parce qu'il préférait ce mot qui bravait l'aliénation culturelle (Césaire a endossé l'insulte, "petit nègre", prononcée à son encontre par un automobiliste pour en faire un catalyseur de l'identité noire NDLR) et disait avec force une identité assumée, une conscience noire. Césaire a fait de la "négritude" un mouvement de résistance au racisme.

Universel, car Césaire avait tourné le dos au climat nationaliste qui régnait dans les années 1930 en Martinique pour adopter, au contraire, une posture extrêmement politique: il liait avec génie la population noire à un universel dont on avait longtemps essayé de l'exclure. En clair, Aimé Césaire a toujours refusé d'évincer les intellectuels blancs du combat identitaire des Noirs des Antilles ou d'Afrique. Pour lui, l'identité noire était universelle et non synonyme de clivage entre les hommes. C'est pourquoi certains penseurs blancs ont adhéré a sa pensée, à l'image de Jean-Paul Sartre qui déclarait : "La négritude est la négation de la négation de l'Homme noir".

Enfin, Aimé Césaire est un révolté. Contre le colonialisme français avant tout, car, même âgé, il a toujours refusé de cautionner toute justification de cette période de l'histoire. Je me souviens de son refus de recevoir, en 2005, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Il entendait ainsi signifier son profond désaccord avec la lettre de la loi du 23 février 2005 qui "reconnaissant le rôle positif de la présence française outre-mer".




LE POÈTE MARTINIQUAIS AIMÉ CÉSAIRE EST MORT

Photo prise le 26 janvier 2007 à Fort-de-France, du poête et ancien maire de la ville Aimé Césaire qui a été hospitalisé le 9 avril 2008 "pour des raisons de santé, notamment de nature cardiologique", selon le CHU de Fort-de-France.
Aimé Césaire

Le poète martiniquais Aimé Césaire est mort jeudi matin à l'âge de 94 ans au CHU de Fort-de-France (Martinique), a indiqué jeudi une source gouvernementale.

Le chantre du célèbre concept de "Négritude" (la conscience d'être noir), avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontrand Damas, l'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal" a consacré sa vie à la poésie et à la politique. Infatigable promoteur de l'autonomie, et non de l'independance de la Martinique. Il avait été depuis les années 1930 de tous les combats contre le colonialisme et le racisme.

 

                        Cahier D'UN Retour Au Pays Natal

Maire de Fort de France de 1945 à 2001, député de 1945 à 1993, président du conseil régional de Martinique , il a quitté la présidence du Parti Progressiste Martiniquais (PPM) en 2005.

Avec Senghor, Léon-Gontran Damas et Gilbert Gratiant, Aimé Césaire a jeté pour la première fois les bases du concept de Négritude. Aux côtés du Sénégalais Alioune Diop, le poète martiniquais a aussi fondé les Editions Présence africaine dont la vocation est de donner un moyen d'expression aux auteurs d'Afrique, des Caraïbes et de l'océan Indien.

 

Blog de martinique : La Martinique racontée aux enfants, Aimé Césaire
Né à Basse-Pointe en Martinique le 26 juin 1913, Aimé Césaire s'affirme très tôt comme un élève brillant. Il est âgé 18 ans quand, détenteur d'une bourse, il débarque à Paris afin de suivre des études secondaires au lycée Louis le Grand. C'est là qu'il se lie avec le futur président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, au contact duquel il découvre l'Afrique et les musiciens noirs-américains. Durant cette période, « il se décolonise de l'intérieur », dira-t-il plus tard.

Avec Senghor, ils redécouvrent la phrase du philosophe allemand Hegel qui affirme que « ce n'est pas par la négation du singulier que l'on va à l'Universel, mais par l'appronfondissement du singulier ». Et Césaire de conclure : « Tu vois, plus nous serons Nègres, plus nous serons des Hommes ». Admis à l'Ecole normale, Césaire devient président de l'Association des Etudiants Martiniquais en 1934 et fonde le journal L'Etudiant noir.

Le concept de Négritude

Toujours accompagné de Senghor, mais également de Léon-Gontran Damas et de Gilbert Gratiant, il jette pour la première fois les bases du concept de Négritude. Par ailleurs, aux côtés du Sénégalais Alioune Diop, il est l'un des pères fondateurs des Editions Présence africaine, dont la vocation est de donner un moyen d'expression aux auteurs d'Afrique, des Caraïbes et de l'océan Indien.

De retour en Martinique, il est élu député en 1945 sous l'étiquette du Parti communiste français (PCF). Il travaille aussitôt à l'élaboration d'un nouveau statut pour les quatre anciennes colonies que sont la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.

La même année, il devient maire de Fort-de-France. Sans cesse plébiscité par les Foyalais, il occupera ce poste pendant plus d'un demi-siècle, marquant la première ville de la Martinique d'une empreinte indélébile.

Lorsque Césaire se présente à l'Assemblée nationale le 12 mars 1946, il place la République française devant ses responsabilités : « entre désintégration et intégration, il y a de la place pour l'invention. Nous sommes condamnés à inventer ensemble ou à sombrer, et pas forcément pavillon haut », s'exclame-t-il. Une semaine plus tard, les départements d'Outre-mer naissent officielement et Césaire prend déjà sa place dans l'Histoire.

De l'immense bidonville hérité de la colonisation, Césaire fera une capitale digne de ce nom. « J'aime construire, j'aime bâtir. Nous, les Nègres qui avons beaucoup subi, devons apposer notre empreinte sur la civilisation universelle », martèle l'écrivain.

En 1956, année de l'invasion de Budapest par les chars de l'Armée rouge, il dénonce « la rude main de Staline » et met un terme à son engagement au PCF. Décidé à forger chez les Martiniquais une conscience libre et citoyenne, il fonde deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM).

L'action politique de Césaire, poète et essayiste engagé, se retrouve dans ses écrits. Il entamera très tôt un long réquisitoire contre l'exploitation coloniale, le racisme et l'absence de développement qui en découlent. Avec le Discours contre le colonialisme en 1950, il œuvre pour le réveil des identités culturelles, la dignité humaine et la responsabilité historique des peuples. Il dénonce l'oppression exercée par l'Occident sur le Tiers-Monde. En 1941, il fonde à Fort-de-France la revue Tropiques, aux côtés de René Ménil et d'Aristide Maugée.

Une logique universelle

Avec le concept de Négritude, Aimé Césaire inscrit son discours dans une logique résolument universelle. Il réaffirme à tous les déracinés et descendants d'esclaves la grandeur de la civilisation africaine qu'il veut source de fierté pour tous les Noirs.

En 1939 déjà, avec Cahier d'un retour au pays natal, il amorce sa quête identitaire et pousse « un grand cri nègre ». L'ouvrage deviendra une source de référence incontournable pour tous les intellectuels des diasporas noires dans les décennies qui suivront. Subjugué par l'universalité de Césaire et par sa poésie surréaliste, l'écrivain français André Breton l'édite et le préface.

Dans une langue irréprochable, enrichie par des expressions issues de l'univers caribéen, la poésie de Césaire s'affirme dans un style qui fascinera également Jean-Paul Sartre. Pour l'écrivain martiniquais, « la quête surréaliste permet de descendre au plus profond de soi-même et de libérer l'imaginaire du carcan de la langue ». De manière générale, il affirme que « la poésie est la réappropriation de nous par nous-mêmes ».

Césaire politique, Césaire poète, mais aussi Césaire homme de théâtre. À partir des années soixante, il rédige différentes pièces dans lesquelles l'émancipation, l'Afrique et le héros noir sont au centre de ses préoccupations. Avec La tragédie du roi Christophe (1963), Une saison au Congo (1965) ou encore Une tempête (1970), il s'impose comme un dramaturge internationalement reconnu. Traduits dans de nombreuses langues, les ouvrages d'Aimé Césaire sont depuis longtemps l'objet de colloques et de conférences. L'Unesco lui a ainsi rendu un vibrant hommage en 1997.

Âpre défenseur de la Négritude, insatiable combattant pour la désaliénation des peuples, le poète est celui de « la Fraternité universelle », pour reprendre une expression de Senghor. Figure de proue pour de nombreux auteurs contemporains, Aimé Césaire a défriché le terrain sur lequel est née la créolité d'une nouvelle génération d'auteurs, à l'instar de Patrick Chamoiseau et de Raphaël Confiant. 

 

Aimé Césaire © AFP - 17 ko
Adieu au père de la Négritude



 
 
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